Κατερινα Γωγου – Ιδιωνυμο (30)

Εκείνο που φοβάμαι πιο πολύ
είναι μη γίνω “ποιητής”
Μην κλειστώ στο δωμάτιο
ν’ αγναντεύω τη θάλασσα
κι απολησμονήσω.
Μην κλείσουνε τα ράμματα στις φλέβες μου
κι από θολές αναμνήσεις κι ειδήσεις της ΕΡΤ
μαυρίζω χαρτιά και πλασάρω απόψεις.
Μη με αποδεχτεί η ράτσα που μας έλειωσε
για να με χρησιμοποιήσει.
Μη γίνουνε τα ουρλιαχτά μου μουρμούρισμα
για να κοιμίζω τους δικούς μου.

(διάβασε http://www.sansimera.gr/articles/298)

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to warn and object

I am so afraid of people’s words.
They describe so distinctly everything:
And this they call dog and that they call house,
here the start and there the end.

I worry about their mockery with words,
they know everything, what will be, what was;
no mountain is still miraculous;
and their house and yard lead right up to God.

I want to warn and object: Let the things be!
I enjoy listening to the sound they are making.
But you always touch: and they hush and stand still.
That’s how you kill.

In Celebration of Me (1909), by Rainer Maria Rilke, translated by Annemarie S. Kidder.

Hôtel, by Guillaume Apollinaire

Ma chambre a la forme d’une cage,
Le soleil passe son bras par la fenêtre.
Mais moi qui veux fumer pour faire des mirages
J’allume au feu du jour ma cigarette.
Je ne veux pas travailler — je veux fumer.

Guillaume Apollinaire, from Le Guetteur mélancolique, previously unpublished works, 1952 [source].

Pink Martini – Sympathique

J’ai tant rêvé de toi

J’ai tant rêvé de toi que tu perds ta réalité.
Est-il encore temps d’atteindre ce corps vivant
Et de baiser sur cette bouche la naissance 
De la voix qui m’est chère?

J’ai tant rêvé de toi que mes bras habitués 
En étreignant ton ombre
A se croiser sur ma poitrine ne se plieraient pas
Au contour de ton corps, peut-être.
Et que, devant l’apparence réelle de ce qui me hante
Et me gouverne depuis des jours et des années,
Je deviendrais une ombre sans doute.
O balances sentimentales.

J’ai tant rêvé de toi qu’il n’est plus temps
Sans doute que je m’éveille.
Je dors debout, le corps exposé
A toutes les apparences de la vie
Et de l’amour et toi, la seule
qui compte aujourd’hui pour moi,
Je pourrais moins toucher ton front
Et tes lèvres que les premières lèvres
et le premier front venu.

J’ai tant rêvé de toi, tant marché, parlé,
Couché avec ton fantôme
Qu’il ne me reste plus peut-être,
Et pourtant, qu’a être fantôme
Parmi les fantômes et plus ombre 
Cent fois que l’ombre qui se promène
Et se promènera allègrement
Sur le cadran solaire de ta vie.

Désespoir

The seasons send their ruin as they go,
For in the spring the narcissus shows its head
Nor withers till the rose has flamed to red,
And in the autumn purple violets blow,
And the slim crocus stirs the winter snow;
Wherefore yon leafless trees will bloom again
And this grey land grow green with summer rain
And send up cowslips for some boy to mow.

But what of life whose bitter hungry sea
Flows at our heels, and gloom of sunless night
Covers the days which never more return?
Ambition, love and all the thoughts that burn
We lose too soon, and only find delight
In withered husks of some dead memory.

Désespoir by Oscar Wilde